00 - Les fontaines toulousaines

La fondation de TOULOUSE sur son emplacement actuel relève de la volonté de l'empereur Auguste, au tournant de notre ère.

Lors d'un déplacement officiel, venu sur place avec son gendre Agrippa entre -15 et +15 de notre ère, il réorganisa les provinces gauloises,  et définit les provinces administratives Aquitaine, Narbonnaise, Lyonnaise et Gaule belge.

Il décida aussi de créer des cités, telles que Tolosa. 

Il s'agissait d'une ville nouvelle, semblable aux autres cités antiques romaines contemporaines. On peut penser qu'elle comptait 20 000 habitants (ce qui la plaçait parmi les grandes villes de l'époque). 

01 -Fontaine Goudouli

Pour embellir les nouvelles places aménagées au 19e siècle, la municipalité de Toulouse commanda de nombreux monuments aux artistes locaux. Alexandre Falguière, sculpteur principal de la fontaine, a généré de nombreuses statues visibles dans tout le centre-ville.
Réalisée au début du XXe siècle, la fontaine "Goudouli" est l'un des rares exemples à Toulouse d'une fontaine célébrant un personnage historique. Cette association s'explique par le fait que l'eau est l'inspiratrice de l'oeuvre littéraire de Goudouli, célèbre poète du 17e siècle. Ce monument s'inscrit dans une série d'oeuvre commémorant des gloires locales et des mythes fondateurs en plein essor sous la IIIe République.
Aménagée au début du 19e siècle par l'architecte Jacques-Pascal Virebent, la place Wilson s'appelait alors la place d'Angoulème. 
Pour l'embellir, la municipalité prévoit d'édifier une statue en l'honneur du Duc d'Angoulème. Plusieurs esquisses sont proposées dans les années 1820.
Aucun projet ne verra le jour. Un square est finalement réalisé en 1876 avec un bassin et des arbres. En mars 1884, la municipalité décide d'édifier une statue en l'honneur de son célèbre poète du 17e siècle, Pierre Goudouli (1580-1649), auteur du "Ramelet Moundi".

02 - Fontaine Square du Gal-de-Gaulle

Le Plan Local d'Urbanisme de décembre 2010 relève que "dans le cadre du projet de requalification de la rue Alsace-Lorraine, le Square Chrles-de-Gaulle fait l'objet d'un réaménagement total. Ces deux entités (le Square était apparu lors du percement de la rue Alsace-Lorraine entre 1873 et 1875) ont subi, au-cours du temps de nombreux aménagements sans cohérence d'ensemble, le plus conséquent étant l'arrivée du métro. L'établissement au sein du square d'un groupe électrogène, d'un transformateur électrique et d'autres installations connexes ont également participé à la dénaturation du square".
Le projet d'ensemble mis en place est conçu par l'urbaniste Bruno Fortier ; même s'il n'en constitue pas la seule attraction, il prévoit une fontaine à jets d'eau, formée de deux grands plans dallés en «forme de V», d'environ 35 mètres de long et 5 mètres de large, supportant une composition de 14 jets animés partant du ras du sol.

03 - Fontaine de la Trinité

La place de la Trinité est créée en 1820 après la suppression d'un îlot occupé depuis 1359 par les bâtiments des religieux de la Trinité (Toulouse 1810-1860, p.114). On pense déjà à cette date à l'édification d'une fontaine sur la place. Ce projet répond aux préoccupations de l'époque, qui visent à assainir la ville avec la construction de fontaines monumentales pour distribuer l'eau dans les différents quartiers (rendue possible par la construction du château d'eau à partir de 1823) et à embellir la ville. En 1824, un concours pour l'établissement d'une fontaine sur la place est ouvert par la municipalité de Toulouse. Le Journal de Toulouse du 26 septembre 1824 relate le grand nombre de concurrents. Le projet d'Urbain Vitry est finalement retenu. Les artistes parisiens Raurio, fondeur, et Louis-Alexandre Romagnési, sculpteur, exécutent les sirènes et les balustres en bronze : "considérant que les fondeurs de Toulouse ne permettraient pas d'espérer dans la fonte des sirènes dont il s’agit, toute la perfection dont ce travail est susceptible" (ADHG, 2. 0. Toulouse 301).

04 - Fontaine du Griffoul

Edifiée place Saint-Etienne, face à la Cathédrale, il s'agit de la plus ancienne fontaine toulousaine.

Le premier élément en fut la vasque en marbre,  provenant de la prévôté, qui fut construite en 1584 selon les plans de l'architecte Jean Rancy.
A cette époque, la fontaine recevait les eaux de Guilheméry, prélevées dans l'actuel parc du Caousou. L'eau arrivait par un aqueduc jusqu'à la place où s'élevaient également un pilori qui permettait d'exposer les voleurs, une estrapade pour supplicier les condamnés et un échafaud pour les abjurations publiques.
L'eau se déversait dans un bassin en forme octogonale, en marbre de Saint-Béat, par la bouche de 4 mascarons (têtes ou masques de fantaisie).

05 - Fontaine Boulbonne

Cette fontaine, conçue par l’architecte Bernard Calley et réalisée par la Société Nouvelle des Travaux Garonnais, est installée en 1984.
Cette composition, à l’allure théâtrale, met en place un groupe sculpté de marbre blanc, élaboré en 1910 par l’artiste toulousain, Jacques Labatut. C’est alors que l’allégorie de la ville de Toulouse côtoie celle de la Garonne, au-devant « d’un mur de scène » fait de briques. A l’origine créée pour orner la place du Capitole, cette sculpture est finalement utilisée pour animer ce mur, à la jonction de deux rues. L’eau de la fontaine jaillit des mufles de lion en fonte, réalisée par le sculpteur Madeleine Thézènas du Moncel à l’occasion de l’édification finale.

06 - Fontaine Olivier

La fontaine est érigée en 1886 à l'initiative d'Hippolyte Olivier, pour commémorer les victimes des inondations de 1875 et ceux qui contribuèrent à relever le faubourg Saint-Cyprien. En effet, les 23 et 24 juin 1875, la Garonne est sortie de son lit et cause de terribles dégâts, dévastant le faubourg Saint-Cyprien. L’inondation emporte les ponts Saint-Pierre et Saint-Michel, un millier de maisons et plus de 200 personnes perdent la vie
Hyppolite Olivier dirige la « Maison Olivier Frères » fondée en 1780, fabriquant des confiseries et des liqueurs qui se spécialise ensuite dans les chocolats, encore en activité aujourd'hui. Son usine est implantée à Saint-Cyprien jusqu'en 1961.

07 - Fontaine Belle Paule

En 1913, lors de l'inauguration de cette fontaine, les toulousains furent scandalisés par la figure de Clémence Isaure conçue par Laporte-Blairsy. S'éloignant de l'image traditionnelle de la poétesse, le sculpteur compose une allégorie toute en sensibilité de la poésie. Associée aux motifs naturalistes de la colonne et du bassin, la fontaine compose une oeuvre originale dans le paysage toulousain, peu porté sur l'art nouveau.
Suite au legs d'Octave Sage, la municipalité ouvre un concours pour l'érection d'une fontaine rendant hommage à la poésie languedocienne au carrefour des rues de la Concorde et Falguière. Le projet du sculpteur Léo Laporte-Blairsy, associé à l'architecte Guitard et à l'entrepreneur Portet, est distingué par le jury. La fontaine est inaugurée le 3 mai 1913. Echappant de peu à la destruction lors de la seconde guerre mondiale, la statue de Clémence Isaure couronne encore aujourd'hui la colonne et le bassin ornés de motifs art nouveau. Des inscriptions rappellent le legs Sage et la signature du sculpteur Laporte-Blairsy.

08 - Fontaine Ariège-Garonne


La sculpture est créée en 1896 et mise en place au Jardin des Plantes jusqu'en 1982, où elle est déplacée pour cacher un le mur aveugle de la place Lafourcade.
Précédemment installée au Jardin des Plantes, la fontaine Ariège-Garonne est encastrée depuis 1982 dans un mur aveugle de la place Lafourcade, dans le quartier Saint-Michel.
Cette fontaine est l’oeuvre du sculpteur Alexandre Laporte (fin des travaux en septembre 1896). Le monument, haut de 8 mètres environ, large de 6 mètres représente la Garonne, " jeune femme plantureuse, héroïque et triomphante qui entoure le rocher d’où sa source s’échappe, tandis que l’Ariège, jeune fille gracile, assise à ses pieds, tenant une cruche renversée se joint à elle. Ce groupe sculpté se situe dans une niche en pierre de taille. Une première vasque reçoit l’eau de la cruche qui s’écoule ensuite dans le grand bassin ".

09 - Fontaine Salengro

Au 19e siècle, la création de grandes places s'accompagne d'embellissements, notamment par l'installation de fontaines monumentales.
La nouvelle place Saint-Pantaléon, aujourd'hui Salengro, est ornée d'un type de fontaines très moderne au milieu du 19e siècle. Fournis sur catalogue, les modèles sont désormais réalisés industriellement.
La fonderie du Val d'Osne, qui réalisera les fontaines Wallace, est l'auteur de cette œuvre ornementale. Ne ressemble-elle pas à la fontaine de la place Olivier réalisée peu après ?

10 - Fontaine des Puits-Clos

L'architecte des bâtiments de France a réalisé cette fontaine en 1984 pour orner une façade aveugle. Il réutilise des colonnes provenant du retable de la Dalbade datant du 18e siècle. L'architecte Bernard Calley exalte ainsi les richesses du patrimoine artistique toulousain dans une conception post-moderne : la mémoire du passé est réhabilitée sans pastiche.
Abandonnées pendant plusieurs décennies, les fontaines reviennent dans les années 1970-1980, dans le cadre de rénovation et de création de quartiers. Des jeux d'eau, souvent monumentaux, sont alors très utilisés pour agrémenter l'espace. Oeuvres d'architectes, elles ne sont qu'un élément de décor urbain conçu dans un ensemble.

11 - Fontaine Place Rouaix

Point culminant de la ville à 146 mètres, la place Rouaix recevait les eaux de l'aqueduc gallo-romain puisant dans les sources de Lardenne. Il faudra attendre le début du 19e siècle pour que l'eau y jaillisse de nouveau. L'architecte Raynaud vient d'achever le château d'eau et dessine les bornes-fontaines installées dans tout le centre-ville. Suite à une pétition et une participation financière des habitants, il conçoit cette fontaine, à mi-chemin entre la fontaine monumentale et la borne-fontaine.

12 - Fontaine Place Dupuy

Monument-fontaine, colonne élevée à La Gloire du Général Dupuy
Depuis 1790, les projets de colonnes se multiplient dans toute la France. Les décrets napoléoniens des 20 mars et 17 juin 1800 renforcent le mouvement en ordonnant l'érection dans chaque chef-lieu d'une colonne consacrée « à la mémoire des braves du départements ».
La fontaine Dupuy, projetée dès 1800 et réalisée entre 1832 et 1834 fait partie de ces monuments. Les travaux sont menés par l'architecte Urbain Vitry qui se montre novateur en associant des matériaux industriels (fonte de fer pour la colonne et les griffons) et des matériaux locaux traditionnels (marbre de Saint-Béat et pierre de Carcassonne). La volonté de doubler le monument commémoratif d'une fontaine est également une nouveauté. Ce bel ouvrage sera d’ailleurs présenté comme modèle dans la publication de référence des Inspecteurs généraux du Conseils des bâtiments civils : "Choix d’édifices projetés et construits en France, publié entre 1845 et 1850".

13 - Fontaine Roland

Située sur la place Roland, donnant sur le boulevard Lazarre Carnot en face de la rue du Rempart Saint-Etienne, cette fontaine est l'oeuvre du sculpteur toulousain Jules Jacques Labatut qui s'est probablement (?) inspiré du Laocoon, la sculpture grecque antique conservée au   Vatican à Rome.
La sculpture se présente au milieu d'un bassin, sur un soubassement imitant les rochers d'où l'eau sourd : Roland rassemble ses dernières forces dans une ultime tension de son corps, le bras levé pour sonner l'olifant. L'espace vert entourant la pièce d'eau est nommé 'jardin des combattants d'Afrique du Nord (1952-1962) et d'Outre-mer', en l'honneur des vétérans de la guerre d'Algérie.

14 - Fontaine "Evasion" de la Place d'Arménie

Evoquer l'achèvement des travaux qui depuis deux ans ont fait des allées Jean Jaurès à TOULOUSE un vaste chantier, c'est immanquablement parler de l'architecte et urbaniste catalan "star" Joan Busquets, choisi en 2010 par la municipalité socialiste, pour conduire un vaste plan de rénovation urbaine du centre-ville, dont le projet urbain global est publié à l'été 2014 sous le titre : "Toulouse, identité et partage du centre-ville".
Les allées Jean Jaurès constituent l'un des axes majeurs de cette rénovation qui s'achève en cette fin d'année 2019 : les voies de circulation ont été drastiquement réduites, les places de stationnement ont disparu remplacées par deux parkings souterrains.

15 - Fontaine de la Dame d'Elche, jardin Compans-Cafarelli

Le jardin Compans-Cafarelli, poumon vert de 10 hectares au coeur d'un quartier d'affaires, a été crée en 1980 sur décision du Maire Pierre BAUDIS pour remplacer les casernes du même nom abandonnées par l'armée.
Il comporte de par la volonté du Maire un magnifique "jardin japonais", labellisé "jardin remarquable" (délivré par le Ministère de la Culture pour une durée de cinq ans pour faire connaître et valoriser les parcs et jardins ouverts au public et particulièrement bien entretenu) : un important plan d'eau avec jet d'eau dans sa partie proche du Canal du Midi, et des espaces dédiées aux villes jumelées avec Toulouse.

16 - La Font dels Pissaires à LACAUNE

Mais en évoquant la Fontaine Griffoul, comment ne pas faire le parallèle - tant pour leur homonymie que leur contemporanéité - avec une célèbre fontaine, classée monument historique depuis 1913, qui participe à la renommée touristique de la commune de LACAUNE dans le département voisin du TARN, au cœur de la "Montagne Noire", sur les contreforts du Massif Central ?
La réputation économique de cette commune, située dans l'est du département, tient évidemment à la qualité de ses charcuteries et salaisons, de ses fromages parfumés , mais également depuis l'antiquité romaine,à la qualité diurétique de ses eaux et de ses sources chaudes à 22°.

17- Les fontaines Wallace

Les "fontaines" figurent au nombre des monuments urbains qui signent l'identité d'une ville, à l'exemple de la "Fontaine de Trevi" à ROME, où bien les "Fontaine des Mers" et "Fontaine des Fleuves" qui encadrent somptueusement l'Obelisque dressé sur la Place de la Concorde à  PARIS. Elles figurent dans l'imaginaire populaire au rang des symboles indissociables du charme et de la grandeur d'une ville : PARIS par exemple,  avec la TOUR EIFFEL, la CATHEDRALE NOTRE-DAME, l'ARC de TRIOMPHE, le MUSEE du LOUVRE où les CHAMPS ELYSEES qui assurent ce rôle prestigieux. Mais ces œuvres monumentales conçues dans le but d'associer l'idée de grâce, de beauté, voire de puissance ou de grandeur au nom d'une ville, n'en constituent plus l'unique atout ; bien qu'inauguré en 1984, la passerelle du "Pont des Arts" a vu spontanément naître la tradition des "cadenas d'amour" lorsque des couples nouvellement unis venaient accrocher aux parapets grillagés de l'ouvrage des cadenas en signe d'union éternelle. Le charme prestigieux du lieu certainement, et la vue sur l'Ile Saint-Louis ont précipité cette tradition qui n'est pas pour rien dans la réputation de romantisme de la ville, et concourt à son succès touristique.

18 - Fontaine Xavier Darasse

Cette fontaine modeste occupe un espace discret à l'angle de la rue Antonin Mercié avec la rue des Arts, au nord de l'ensemble conventuel des Augustins, devenu Musée de la ville. Elle occupe un petit renfoncement dans le mur même en briques de la prestigieuse Eglise des Augustins.

Les documents des services architecturaux de la ville relatent ainsi l'histoire de cette fontaine ;

19 - Fontaine "Feuille d'Eau", Place de la Bourse

Fin 1999, pour achever la rénovation de la Place de la Bourse, dans l'hypercentre toulousain,  rendue à sa vocation piétonnière, la municipalité toulousaine décide de l'équiper d'une fontaine moderniste, oeuvre de Françoise Persouyre, qui se définit comme une "plasticienne de l'environnement architectural", qui a conçu une ligne complète  de mobilier urbain sous le nom de FLORE, caractérisée par des emprunts à la végétation traités avec mouvement et assortis d’une sobriété que les artistes de la Belle Époque se faisaient un devoir d’éviter dans leurs propres interprétations.  ; cette fontaine à boire, qu'elle nomme FEUILLE d'EAU, est, nous dit-elle, reconnue comme un point d'eau agréable et secourable, image de l'alliance des quatre éléments fondamentaux qui nous entourent : la terre, le feu, l'air et l'eau.
Cette fontaine est en fonte et produite par la Sté GHM Sommervoire qui fabrique toujours et commercialise les célébrissimes FONTAINE WALLACE.

20 - La fontaine de la Place Saintes-Scarbes

La Place Saintes-Scarbes est discrète, dans le quartier de la Cathédrale Saint-Etienne, au nord-ouest de la "Tolosa Palladia" romaine voulue par l'Empereur Auguste et à l'intérieur de l'enceinte dont la ville avait reçu l'honneur ; elle est donc située au coeur de la cité et son souvenir est immémorial, puisqu'on la retrouve déjà dans "Histoire de la Croisade albigeoise" en 1178, sous le nom de "Place de l'Orme des Saintes-Carbes" ; ce nom est toujours présent sur la plaque officielle apposée sur la façade d'un immeuble pour identifier le lieu : "Plaça de l'Olm de Santas Carbas".

21 - La fontaine de la Place Saint Sernin

Le 11 décembre 2019, en fin de matinée, le Maire de Toulouse, accompagné de la Présidente de la Région Occitanie et du Préfet de Région coupait le ruban symbolique d'inauguration du parvis du chantier appelé "le grand saint-sernin" en-cours de réalisation depuis deux années, après que tout le travail préparatoire et les plans aient été établis par le cabinet d'urbanisme barcelonais Joan Busquets et choisis par la municipalité.