Les fontaines toulousaines

La fondation de TOULOUSE sur son emplacement actuel relève de la volonté de l'empereur Auguste, au tournant de notre ère.

Lors d'un déplacement officiel, venu sur place avec son gendre Agrippa entre -15 et +15 de notre ère, il réorganisa les provinces gauloises,  et définit les provinces administratives Aquitaine, Narbonnaise, Lyonnaise et Gaule belge.

Il décida aussi de créer des cités, telles que Tolosa. 

Il s'agissait d'une ville nouvelle, semblable aux autres cités antiques romaines contemporaines. On peut penser qu'elle comptait 20 000 habitants (ce qui la plaçait parmi les grandes villes de l'époque). 


L'eau potable était un facteur vital indispensable non seulement aux besoins biologiques des habitants (d'où le creusement de puits nombreux !),  mais aussi à leur hygiène et leur confort, tels que les promouvait la société romaine. Ces besoins importants, notamment pour les thermes, centres d'une intense vie sociale, mais aussi l'entretien des égouts d'une ville aussi peuplée, nécessitaient d'énormes quantités d'eau et un approvisionnement régulier ; les autorités avaient donc fait construire un aqueduc de 8 km de long (dont la moitié était enterrée) qui conduisait l'eau captée aux sources de Lardenne et du Mirail jusqu'au cœur de la rive droite en enjambant la Garonne, non loin de l'actuel Pont-Neuf, par un pont (6 à 8 m au-dessus du fleuve). 

tolosa palladiaIl devait aussi supporter piétons et chars. Il est construit au début de notre ère, et irriguait abondamment la ville depuis son point le plus haut, l'actuelle Place Rouaix (146 mètres), d'où l'eau potable alimentait en cascade par ruissellement toutes les fontaines publiques. Il fournissait quotidiennement 12500 m3 d'eau, soit entre 500 et 600 litres par habitant.
Au fil des siècles, durant l'époque médiévale, il fut affublé du nom d' "Aqueduc de la Reine Pédauque" ! Une légende racontait que la Reine Pedauque, fille d'Alaric et seconde épouse du roi wisigoth Theodoric (roi de 418 à 451) dont la capitale était Toulouse) avait fait construire cet aqueduc. Mais il était bien oeuvre romaine, bien plus ancien, comme l'ont démontré les archéologues : construit au 1er siècle, puis amélioré à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle.


aqueduc pedauqueIl est resté en usage jusqu'au Moyen-Age sous le nom de "Pont Vieux" ; son dernier fragment, désigné sous le nom de "Rocher de Carnaval" (on y brûlait l'effigie du Carnaval !), a été détruit en 1949 ; il mesurait 7,10 à la base, soit 24 pieds romains.
Un film réalisé par le Musée Saint-Raymond est régulièrement actualisé en fonction des découvertes réalisées.
Pour honorer la Cité, les romains avaient également élevé un rempart, long de 3 km, avec ses 54 tours et ses 9 m de haut (2m40 de large), édifié par le successeur d'Auguste, Tibère, entre +20 et +30 de notre ère. C'était sans doute une muraille de prestige, ostentatoire, car on se situe en pleine "pax romana" et les villes antiques sont alors ouvertes.
Outre le fleuve Garonne, les siècles ont doté la ville d'une liaison transocéanique entre l'Océan Atlantique et la Mer Méditerranée dont elle constitue l'épicentre ; d'abord, dans le dernier quart du XVIIe siècle, avec le creusement du Canal du Midi qui reliait le fleuve à la Méditerranée grâce au génie de Pierre-Paul RIQUET ; puis, à la fin du XVIIIe siècle, la liaison commerciale du Canal du Midi avec les Ports du centre la ville par la création du Canal de Brienne financé par les Etats du Languedoc et la Ville de Toulouse (Port de la Daurade, port de la Viguerie), pour contourner l'obstacle infranchissable sur la Garonne que constituait la jetée du Bazacle ; enfin, par le creusement au milieu du XIXeme du Canal latéral à la Garonne, entre TOULOUSE et l'estuaire de la Gironde, qui assurait sur toute la liaison transocéanique une voie d'eau navigable commerciale totalement sécurisée, à l'abri des colères du fleuve capricieux et des aléas météorologiques. Classés au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, ces canaux constituent aujourd'hui une formidable attraction touristique.
Ville de l'intérieur donc, mais également ville d'eau naturelle par sa géographie, par ses origines romaines et son héritage historique, la descendante de "Palladia Tolosa", l'antique cité romaine dédiée à "Pallas", est toujours riche de fontaines publiques, omniprésentes dans le Centre-Ville. Même si la plupart ne sont pas antérieures au XIXe siècle sous leur forme actuelle (sauf la fontaine Griffoul devant la Cathédrale Saint-Etienne), leur emplacement s'inscrit dans une histoire vieille de plus de deux millénaires.

 Les textes qui les décrivent sont la retranscription d'informations données sur le site de la mairie de Toulouse et surtout de son site annexe URBANHIST qui permet de découvrir le patrimoine toulousain sur la carte cadastrale et fournit des notices techniques détaillées sur le patrimoine et les sites archéologiques évoqués : ©Ville de Toulouse ; ©Inventaire général Région Occitanie

1 -Fontaine Goudouli

1 - Fontaine de la Place Wilson (Fontaine Goudouli)


Pour embellir les nouvelles places aménagées au 19e siècle, la municipalité de Toulouse commanda de nombreux monuments aux artistes locaux. Alexandre Falguière, sculpteur principal de la fontaine, a généré de nombreuses statues visibles dans tout le centre-ville.
Réalisée au début du XXe siècle, la fontaine "Goudouli" est l'un des rares exemples à Toulouse d'une fontaine célébrant un personnage historique. Cette association s'explique par le fait que l'eau est l'inspiratrice de l'oeuvre littéraire de Goudouli, célèbre poète du 17e siècle. Ce monument s'inscrit dans une série d'oeuvre commémorant des gloires locales et des mythes fondateurs en plein essor sous la IIIe République.
Aménagée au début du 19e siècle par l'architecte Jacques-Pascal Virebent, la place Wilson s'appelait alors la place d'Angoulème. 
Pour l'embellir, la municipalité prévoit d'édifier une statue en l'honneur du Duc d'Angoulème. Plusieurs esquisses sont proposées dans les années 1820.
Aucun projet ne verra le jour. Un square est finalement réalisé en 1876 avec un bassin et des arbres. En mars 1884, la municipalité décide d'édifier une statue en l'honneur de son célèbre poète du 17e siècle, Pierre Goudouli (1580-1649), auteur du "Ramelet Moundi".
Les sculpteurs Alexandre Falguière, Antonin Mercié et l'architecte Paul Pujol sont choisis en 1894.
A l'origine, la fontaine est prévue pour être installée sur l'actuelle place Jeanne d'Arc. Alexandre Falguière meurt en 1900 avant de terminer l'oeuvre. Il reste alors à réaliser le socle et la face postérieure qui seront achevés par Mercié et Pujol. Finalement, le monument est édifié place Wilson au milieu du bassin déjà en place. Le monument-fontaine à Goudouli est inauguré le 23 mai 1908. Un projet, daté de 1942 et signé Montariol, prévoit de le déplacer au Jardin des Plantes. Il sera abandonné suite à des pétitions. Aujourd'hui cette oeuvre est entourée de jets d'eaux verticaux.
Installée au centre du square, cette œuvre entremêle le groupe sculpté et l'eau qui s'élance en jets verticaux pour retomber dans le bassin. Réalisé en marbre blanc clair, le monument représente le poète en habit du 17e siècle, dans une attitude détendue, souriante et méditative. Assis sur un tertre rocheux sur lequel est posé son chapeau, il tient un livre de sa main gauche. A ses pieds est allongée une femme nue appuyée sur une urne déversant l'eau. Elle symbolise la Garonne.

2 - Fontaine Square du Gal-de-Gaulle

2 - Fontaine Square du Gal-de-Gaulle

 

Depuis juin 2013, le jardin du Donjon a été réaménagé et possède une nouvelle fontaine basse animée avec quatorze jets d'eau.

3 - Fontaine de la Trinité

3 - Fontaine Place de la Trinité

 

La place de la Trinité est créée en 1820 après la suppression d'un îlot occupé depuis 1359 par les bâtiments des religieux de la Trinité (Toulouse 1810-1860, p.114). On pense déjà à cette date à l'édification d'une fontaine sur la place. Ce projet répond aux préoccupations de l'époque, qui visent à assainir la ville avec la construction de fontaines monumentales pour distribuer l'eau dans les différents quartiers (rendue possible par la construction du château d'eau à partir de 1823) et à embellir la ville. En 1824, un concours pour l'établissement d'une fontaine sur la place est ouvert par la municipalité de Toulouse. Le Journal de Toulouse du 26 septembre 1824 relate le grand nombre de concurrents. Le projet d'Urbain Vitry est finalement retenu. Les artistes parisiens Raurio, fondeur, et Louis-Alexandre Romagnési, sculpteur, exécutent les sirènes et les balustres en bronze : "considérant que les fondeurs de Toulouse ne permettraient pas d'espérer dans la fonte des sirènes dont il s’agit, toute la perfection dont ce travail est susceptible" (ADHG, 2. 0. Toulouse 301). Plus tard, Dernière, fondeur parisien sera préféré à Raurio (AMT, 3 N 2, n°144-145 ; 3 N 3). La place de la Trinité accueille la première grande fontaine voulue par Toulouse, qui est aussi la première des fontaines toulousaines d'où jaillissent des gerbes d'eau ornementales. Les magistrats tiennent à ce qu'elle soit autant un monument qu'une construction d'utilité publique. Elle est inaugurée le 4 novembre 1826 et reçoit l'approbation générale, une réplique est même édifiée à Perpignan. En 1830, Vitry reconstruit la maison Lamothe, face à la fontaine. Les deux oeuvres de l’architecte utilisent le même vocabulaire néoclassique. La couleur des balustrades devait également rappeler le vert des sirènes en bronze. De 1842 à 1853, la ville entreprend des travaux de restauration de la fontaine consistant à remplacer certaines parties abîmées par d'autres dans de nouveaux matériaux. La fontaine de la place de la Trinité est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 20 septembre 1946. La remise en état du monument a été effectuée en 1966.
La fontaine que nous voyons aujourd'hui se compose de trois marches en pierre de Carcassonne, supportant une vasque circulaire en marbre gris de 5 mètres de diamètre. Du milieu du bassin s'élève un socle triangulaire aux pans incurvés en marbre de Saint-Béat sur lequel se dressent trois sirènes ailées en bronze supportant une vasque du même marbre de 2, 10 mètres de diamètre et de 0, 40 mètres d’épaisseur. Cette dernière repose également sur un balustre central. Un jet d'eau à ressauts s'élance du bassin, y retombe et l'eau est ensuite rejetée dans le bassin inférieur par trois têtes de lion en bronze. Trois bornes-fontaines entourent le monument et distribuaient l'eau aux habitants du quartier. L'ensemble prend appui sur un épais massif de maçonnerie de brique qui s'enfonce à 9 mètres au dessous du sol, percé au milieu par un conduit voûté qui amenait l'eau refoulée par le château d'eau (Urbain Vitry architecte, …, p. 34).
Trois sirènes ailées en bronze se dressent sur le socle placé au milieu du bassin. L'eau est rejetée dans le bassin par trois têtes de lion en bronze.

4 - Fontaine Griffoul

4 - Fontaine Place Saint-Etienne (Fontaine Griffoul)


Située place Saint-Etienne, il s'agit de la plus ancienne fontaine conservée dans Toulouse. Le premier élément fut la vasque en marbre provenant de la prévôté, qui fut construite en 1584 selon les plans de l'architecte Jean Rancy.
A cette époque, la fontaine recevait les eaux de Guilheméry, prélevées dans l'actuel parc du Caousou. L'eau arrivait par un aqueduc jusqu'à la place où s'élevaient également un pilori qui permettait d'exposer les voleurs, une estrapade pour supplicier les condamnés et un échafaud pour les abjurations publiques.
L'eau se déversait dans un bassin en forme octogonale, en marbre de Saint-Béat, par la bouche de 4 mascarons (têtes ou masques de fantaisie).
Située en contrebas de la place, la fontaine est entourée d'une pente de trois marches, halte possible pour les promenades. Cette dépression permettait également aux femmes venant puiser de l'eau d'être à l'abri des charrettes.
La décoration actuelle de la fontaine date de 1593. Antoine Bachelier érigea au milieu de la vasque un piédestal avec quatre niches abritant des marmousets de bronze d'où l'eau s'échappe. Au dessus, l'on trouve quatre boules de bronze sur lesquelles se dresse un obélisque en marbre rouge et blanc de Sarrancolin. Les marmousets furent fondus par Pierre Chevenet.
Cette élégante fontaine Renaissance causa bien des soucis à la ville, avec son mauvais fonctionnement (la fontaine se tarissait l'été), mais aussi la chute de l'obélisque et jusqu'aux très jolis marmousets, mannequin-pisse qui choquèrent la population.
C'est pourquoi à partir de 1649, l'eau coula dans la gueule de poissons que les marmousets, rendus pudiques, tinrent dans leurs mains. La refonte des marmousets fut réalisée par Moratio Ferrari, maître fontainier du Roi.
En 1720 Ferrari fit tailler une nouvelle vasque. L'obélisque fut relevé sur un coussinet qui devait être en bronze, mais qui est resté simplement en briques, recouvertes en 1771 de plaques de fonte.


5 - Fontaine Boulbonne

5 - Fontaine Boulbonne

Cette fontaine, conçue par l’architecte Bernard Calley et réalisée par la Société Nouvelle des Travaux Garonnais, est installée en 1984.
Cette composition, à l’allure théâtrale, met en place un groupe sculpté de marbre blanc, élaboré en 1910 par l’artiste toulousain, Jacques Labatut. C’est alors que l’allégorie de la ville de Toulouse côtoie celle de la Garonne, au-devant « d’un mur de scène » fait de briques. A l’origine créée pour orner la place du Capitole, cette sculpture est finalement utilisée pour animer ce mur, à la jonction de deux rues. L’eau de la fontaine jaillit des mufles de lion en fonte, réalisée par le sculpteur Madeleine Thézènas du Moncel à l’occasion de l’édification finale.
La fontaine se compose d'un mur support en brique formé de quatre piliers couronnés de sphères en pierre et surmonté d'un fronton curviligne. Le groupe sculpté prend place au milieu tandis que l'eau s'écoule de trois mufles de lion dans trois bassins en pierre. Quelques marches, en pierre elles aussi, permettent d'accéder à la fontaine.
Le groupe sculpté par Jacques Labatut a une signification assez obscure. Le programme prévu comprenait la réalisation de quatre statues représentant quatre quartiers toulousains. La sculpture s'intitule la Garonne et il semble bien que la figure féminine qui jaillit au dessous de l'arche d'un pont en prenant appui sur une roue à aubes soit une représentation allégorique de la Garonne, à l'image de celle créée par Laporte. Au dessus, la ville de Toulouse apparaît sous les trait d'une jeune femme en costume local, coiffée selon la mode du temps. Elle tient de la main droite un gouvernail ou un aviron et elle est identifiée par le blason de la ville figurant à ses côtés. Quand la sculpture a été créée, la figure de la Garonne tenait un bâton se terminant par une sphère qui pourrait être une lampe à incandescence… Ceci confirmerait l'hypothèse d'une représentation symbolique de la Garonne apportant l'énergie électrique (grâce aux moulins du Bazacle) à la ville de Toulouse, que l'on retrouve dans d'autres sources.




6 - Fontaine Olivier

6 - Fontaine Place Olivier

La fontaine est érigée en 1886 à l'initiative d'Hippolyte Olivier, pour commémorer les victimes des inondations de 1875 et ceux qui contribuèrent à relever le faubourg Saint-Cyprien. En effet, les 23 et 24 juin 1875, la Garonne est sortie de son lit et cause de terribles dégâts, dévastant le faubourg Saint-Cyprien. L’inondation emporte les ponts Saint-Pierre et Saint-Michel, un millier de maisons et plus de 200 personnes perdent la vie
Hyppolite Olivier dirige la « Maison Olivier Frères » fondée en 1780, fabriquant des confiseries et des liqueurs qui se spécialise ensuite dans les chocolats, encore en activité aujourd'hui. Son usine est implantée à Saint-Cyprien jusqu'en 1961.
Président du comité de défense de Saint-Cyprien, Hippolyte Olivier est né en 1810 et dirige la « Maison Olivier Frères » fondée en 1780, fabriquant des confiseries et des liqueurs, qui se spécialise ensuite dans les chocolats. Il est aussi un bienfaiteur du quartier : en 1855, il fonde une crèche et un asile de vieillard dans une de ses propriétés rue de Varsovie, qu’il lèguera plus tard à la ville.a fontaine reprend le modèle de celle de la place Salengro, utilisant des éléments en fonte provenant des fonderies du Val d'Osne. 
La même année, la place du Chairedon, où est installée la fontaine, prend le nom du donateur et devient la place Olivier.
L'architecte Dargassies établit le projet de la fontaine qui se compose d'éléments décoratifs en fonte provenant des fonderies du Val d'Osne ; dans sa partie supérieure, elle est identique à la fontaine de la place Salengro. A l'origine, la dernière vasque était surmontée d'un lampadaire, transformant la nymphe des eaux en fée électricité.
Sa base par contre est exubérante ; des enfants libellules, ventrus, fessus et joufflus à souhait sont couchés sur des rochers au pied d'une nymphe. Une galerie circulaire élevée par cinq marches entoure le bassin.
Sur les piles extérieures, des inscriptions rappellent le nom du donateur, ainsi que le deuil qui frappa les habitants.
En 2010, la place a été entièrement réaménagée, la fontaine déplacée et surbaissée, tandis que les bornes-fontaines ont disparu.
D'un côté, un emmarchement en pierre à cinq degrés conduit au bassin. Un abreuvoir, terminé par des bornes-fontaines et surmonté d'une balustrade ferme l'autre côté de la fontaine. Au milieu du bassin, un piédestal en pierre soutient l'élément central en fonte composé de trois vasques superposées et de figures. Quatre autres piédestaux plus petits encadrent l'élément central et supportent des putti en bronze.

/ - Fontaine Belle Paule

7 - Fontaine Belle Paule (Clémence Isaure)


En 1913, lors de l'inauguration de cette fontaine, les toulousains furent scandalisés par la figure de Clémence Isaure conçue par Laporte-Blairsy. S'éloignant de l'image traditionnelle de la poétesse, le sculpteur compose une allégorie toute en sensibilité de la poésie. Associée aux motifs naturalistes de la colonne et du bassin, la fontaine compose une oeuvre originale dans le paysage toulousain, peu porté sur l'art nouveau.
Suite au legs d'Octave Sage, la municipalité ouvre un concours pour l'érection d'une fontaine rendant hommage à la poésie languedocienne au carrefour des rues de la Concorde et Falguière. Le projet du sculpteur Léo Laporte-Blairsy, associé à l'architecte Guitard et à l'entrepreneur Portet, est distingué par le jury. La fontaine est inaugurée le 3 mai 1913. Echappant de peu à la destruction lors de la seconde guerre mondiale, la statue de Clémence Isaure couronne encore aujourd'hui la colonne et le bassin ornés de motifs art nouveau. Des inscriptions rappellent le legs Sage et la signature du sculpteur Laporte-Blairsy.
Située à l'intersection des rues de la Concorde et Falguière, la fontaine se compose d'un bassin à pans coupés en pierre au milieu duquel s'élance une colonne en marbre couronnée par la statue de Clémence Isaure en bronze.
Le bassin est orné de panneaux en bronze représentant des monuments toulousains, intercalés avec des panneaux de marbre gravé portant des inscriptions. Des poissons et des grenouilles en fonte ornent le bassin. La colonne en marbre sculpté est formée par des tiges d'ombelles encadrant des représentations d'enfants en très léger relief. Des tortues en fonte décore la colonne. Une statue de femme en bronze couronne la fontaine.


8 - Fontaine Ariège-Garonne

8 - Fontaine Ariège-Garonne


La sculpture est créée en 1896 et mise en place au Jardin des Plantes jusqu'en 1982, où elle est déplacée pour cacher un le mur aveugle de la place Lafourcade.
Précédemment installée au Jardin des Plantes, la fontaine Ariège-Garonne est encastrée depuis 1982 dans un mur aveugle de la place Lafourcade, dans le quartier Saint-Michel.
Cette fontaine est l’oeuvre du sculpteur Alexandre Laporte (fin des travaux en septembre 1896). Le monument, haut de 8 mètres environ, large de 6 mètres représente la Garonne, " jeune femme plantureuse, héroïque et triomphante qui entoure le rocher d’où sa source s’échappe, tandis que l’Ariège, jeune fille gracile, assise à ses pieds, tenant une cruche renversée se joint à elle. Ce groupe sculpté se situe dans une niche en pierre de taille. Une première vasque reçoit l’eau de la cruche qui s’écoule ensuite dans le grand bassin ".
La Mairie de Toulouse a récemment entrepris la rénovation de la Fontaine, notamment la remise en état des sculptures, du mur pignon, des bassins et de l’éclairage sans oublier la remise en service du circuit hydraulique supérieur.


9 - Fontaine Salengro

9 - Fontaine Place Salengro (St Pantaleon)


Au 19e siècle, la création de grandes places s'accompagne d'embellissements, notamment par l'installation de fontaines monumentales.
La nouvelle place Saint-Pantaléon, aujourd'hui Salengro, est ornée d'un type de fontaines très moderne au milieu du 19e siècle. Fournis sur catalogue, les modèles sont désormais réalisés industriellement.
La fonderie du Val d'Osne, qui réalisera les fontaines Wallace, est l'auteur de cette œuvre ornementale. Ne ressemble-elle pas à la fontaine de la place Olivier réalisée peu après ?


Au 19e siècle, la ville de Toulouse débute une transformation urbanistique. L'élargissement des rues et la création de places s'accompagnent d'un embellissement des lieux. C'est au milieu de ce siècle que le couvent de Saint-Pantaléon est détruit et que la place du Puits-Verdet est agrandie devenant la place Saint-Pantaléon, aujourd'hui Salengro. Son aménagement est terminé en 1849. Dès 1851, les habitants du quartier demandent l'érection d'une fontaine et proposent de participer à la dépense. Le Conseil municipal accepte, encourageant ainsi la souscription des habitants, et reconnaissant son utilité à la fois pour la "salubrité publique" et l'embellissement de la place.
Depuis les années 1820, la municipalité réfléchit et commence à mettre en œuvre un projet moderne de distribution de l'eau avec un réseau de fontaines, de bornes, d'abreuvoirs pour un usage domestique et de fontaines monumentales pour les grandes places. Plusieurs oeuvres d'architectes et de sculpteurs locaux ornent déjà l'espace public. Cependant la fontaine de la Place Salengro inaugure un nouveau type de fontaine. Plusieurs fonderies proposent des modèles sur catalogue de mobilier urbain : statues, fontaines mais aussi réverbères et bornes fontaines. Ici, les plans de la fontaine sont conçus par les fonderies du Val d’Osne et le devis est dressé par l’architecte de la ville, Jean Bonnal. Le 14 avril 1852, l'entreprise s'engage à fournir à la ville de Toulouse une fontaine en fonte de fer pour la place Saint-Pantaléon. Mais le 26 avril le Conseil des Bâtiments Civils émet une objection relative à la quantité d'eau pour l'écoulement. Elle est insuffisante pour obtenir l'effet hydraulique et monumental que la fontaine doit donner. En effet, la ville de Toulouse possède un système d'alimentation en eau se révélant d'autant plus insuffisant que sa population augmente considérablement. Dans les années 1880, celle de la place Olivier à Saint-Cyprien est conçue sur le même modèle. Le bassin de la place Salengro est restauré en 1868 et la fontaine rénovée au cours du 20e siècle. Inscriptions : "Val d'Osne 1851" / "Val d'Osne 1852". Sous la vasque dans un cartouche : "André" (créateur des fonderies du Val d'Osne).
La fontaine est composée d'un bassin en pierre sur lequel s’élève la sculpture en fonte du Val d'Osne, constituée de trois étages superposés. Au niveau du bassin, le piédestal est bordé par quatre tritons, ces divinités de la mer possédant un corps se terminant par une queue de poisson en guise de jambe. Ils soufflent dans des cornes d'où jaillissent l'eau en direction des quatre coins de la place. Au deuxième niveau, une élégante vasque supporte un groupe de deux oiseaux aquatiques au milieu de roseaux. Tout en haut, sur une deuxième vasque, surmontée d'une corolle en fonte ouvragée, s'élève une sculpture féminine.


10 - Fontaine des Puits-Clos

10 - Fontaine des Puits-Clos


L'architecte des bâtiments de France a réalisé cette fontaine en 1984 pour orner une façade aveugle. Il réutilise des colonnes provenant du retable de la Dalbade datant du 18e siècle. L'architecte Bernard Calley exalte ainsi les richesses du patrimoine artistique toulousain dans une conception post-moderne : la mémoire du passé est réhabilitée sans pastiche.
Abandonnées pendant plusieurs décennies, les fontaines reviennent dans les années 1970-1980, dans le cadre de rénovation et de création de quartiers. Des jeux d'eau, souvent monumentaux, sont alors très utilisés pour agrémenter l'espace. Oeuvres d'architectes, elles ne sont qu'un élément de décor urbain conçu dans un ensemble. Dans les années 1980, les anciennes fontaines sont restaurées et quelquefois déplacées pour orner une façade aveugle. C'est dans ce contexte que l'architecte des bâtiments de France, Bernard calley, est chargé par la municipalité de réaliser deux fontaines contemporaines. L'une se trouve sur la place des Puits-Clos, et l'autre sur la rue de Boulbonne, dans le secteur sauvegardé de la ville. La place des Puits-Clos, aménagée au 19e siècle, montrait une grande façade aveugle dénaturée par des transformateurs EDF et des panneaux publicitaires. En 1982, la municipalité de Toulouse décide d'embellir cet espace situé entre la Place du Capitole et la Place Esquirol. L’idée de base qui a présidé à la conception de la fontaine est la réutilisation des colonnes corinthiennes du retable de la Dalbade datant de 1741-1749 et déposées dans les années 1930 au moment de la chute du clocher.
Plus tard, un moulage d'une statue réalisée par Pierre-Bernard Prouha (1822-1888) datant de 1867 et conservée au Musée des Augustins, est insérée dans la composition. Le premier projet, daté du 25 août 1982, est accepté et l'appel d'offres est lancé. L'entreprise toulousaine Chevrin-Gély est choisie pour effectuer l’ouvrage, dont certaines parties seront sous-traitées aux entreprises Sagné et fils à Toulouse pour la maçonnerie et Calvet à Muret pour la cuivrerie, la plomberie et l’électricité. Les travaux sont achevés le 15 octobre 1984. L’électricité et l’éclairage de cette fontaine ont été remis en état en 1998.
La statue de Psyché en fonte a subi d'abord des actes de vandalisme, puisqu'elle a été décapitée ; avant d'être volée et de disparaître totalement, seul le support qui la maintenait restant en place.


11 - Fontaine Place Rouaix

11 - Fontaine de la Place Rouaix


Point culminant de la ville à 146 mètres, la place Rouaix recevait les eaux de l'aqueduc gallo-romain puisant dans les sources de Lardenne. Il faudra attendre le début du 19e siècle pour que l'eau y jaillisse de nouveau. L'architecte Raynaud vient d'achever le château d'eau et dessine les bornes-fontaines installées dans tout le centre-ville. Suite à une pétition et une participation financière des habitants, il conçoit cette fontaine, à mi-chemin entre la fontaine monumentale et la borne-fontaine.
Au début du 19e siècle, un château d'eau est construit par l'architecte Jean-Antoine Raynaud. En 1823, le projet de distribution et de conduite des eaux prévoit l'édification de 15 fontaines et de 71 bornes-fontaines. Ces dernières sont dessinées par Raynaud. Les fontaines font l'objet de concours. D'après le projet de 1823, la place Rouaix doit recevoir une borne-fontaine tandis que, tout près, la place de la Trinité sera dotée d'une fontaine monumentale. Mais en 1826, les habitants réclament une fontaine et sont prêts à en financer une partie. Le 16 juillet 1827, le conseil municipal approuve et vote un budget de 2000 francs auquel s'ajoute les 1000 francs des habitants. Sur la base de ces dessins de bornes-fontaines, Raynaud réalise ce projet, approuvé le 19 janvier 1828. Elle est terminée à l'automne de l'année suivante.
Située au centre de la place, la fontaine se compose d'un bassin circulaire de pierre grise décorée de cannelures et d'un édicule en pierre, revêtu de plaques de marbre blanc. Dans la partie basse de l'édicule carré, deux têtes de lion en bronze projettent l'eau dans le bassin. En haut, il est abrité par un toit à deux versants, imitant les tuiles canal, avec des frontons aux deux extrémités ornementés à l'antique. Les frontons, ornés de deux dauphins, sont couronnés par deux acrotères. Au-dessous, une grande frise à arcade décorée de motifs floraux fait le tour de l'édicule.


12 - Fontaine Place Dupuy

12 - Fontaine de la Place Dupuy


Monument-fontaine, colonne élevée à La Gloire du Général Dupuy
Depuis 1790, les projets de colonnes se multiplient dans toute la France. Les décrets napoléoniens des 20 mars et 17 juin 1800 renforcent le mouvement en ordonnant l'érection dans chaque chef-lieu d'une colonne consacrée « à la mémoire des braves du départements ».
La fontaine Dupuy, projetée dès 1800 et réalisée entre 1832 et 1834 fait partie de ces monuments. Les travaux sont menés par l'architecte Urbain Vitry qui se montre novateur en associant des matériaux industriels (fonte de fer pour la colonne et les griffons) et des matériaux locaux traditionnels (marbre de Saint-Béat et pierre de Carcassonne). La volonté de doubler le monument commémoratif d'une fontaine est également une nouveauté. Ce bel ouvrage sera d’ailleurs présenté comme modèle dans la publication de référence des Inspecteurs généraux du Conseils des bâtiments civils : "Choix d’édifices projetés et construits en France, publié entre 1845 et 1850".
Dominique Dupuy, fils de boulanger toulousain, fut un soldat brillant acquis aux idées révolutionnaires. Il est tué le jour de la révolte du Caire le 21 octobre 1799 (Les Toulousains dans l'histoire, p. 303-304). Le 4 janvier 1800, un arrêté des consuls ordonne qu'un monument lui soit dédié à Toulouse. L'architecte parisien Jacques-Guillaume Legrand, membre du Conseil des Bâtiments Civils, est chargé du projet. La première pierre est posée au Grand-Rond en 1800. Le projet est cependant stoppé. Il faut attendre 1832 pour que le Conseil municipal s'engage à réaliser le monument promis. Il est décidé de le construire à l'emplacement de l'ancienne fontaine Dauphine sur la place du faubourg Saint-Etienne et d'y associer une fontaine pour l'assainissement du quartier. Le projet de colonne prévu par Legrand est repris par Vitry. Les plans de ce dernier sont approuvés par le Conseil municipal et par le préfet. Il utilise son projet de fontaine non réalisé conçu pour la place Saint-Georges : les griffons et la colonne sont acheminés jusqu'au nouvel emplacement. L'érection de la colonne se poursuit jusqu'en 1834.
Les travaux de sculpture sont confiés à Griffoul-Dorval. Une allégorie de la ville en bronze, qui surmontait autrefois la tour des Archives du Capitole (actuel office de tourisme), est transformée en Victoire et installée au sommet de la colonne. L'original de cette dame Tholose, restauré, est aujourd’hui conservé au musée des Augustins. La statue qui couronne aujourd'hui la fontaine est une réplique. En 1860-1862, l'aménagement de la place Dupuy se poursuit par la construction de la halle au blé.
La colonne Dupuy se dresse à l'angle de la place, à l'endroit où se rejoignent les trois rues. La colonne en fer fondu surmontée d'une Renommée s'élève au milieu d'un bassin en pierre de Carcassonne. Elle repose sur un piédestal composé d'un double socle carré. Le premier, en marbre, porte sur le côté est le bas-relief en marbre du Général réalisé par Griffoul-Dorval, ainsi que des inscriptions sur ses trois autres faces. Du deuxième socle, en pierre, qui forme la base du piédestal, partent quatre décrochements sur lesquels viennent se placer des griffons en bronze rejetant l'eau par leurs gueules dans le bassin. Douze bornes-fontaines enchaînées entourent le monument. Le bas-relief représente le buste du général inscrit dans un oculus entouré de guirlandes de feuillage qui débordent sur les deux obusiers qui encadrent le bas-relief. Les griffons sont assis, leurs ailes se rejoignent et accentuent les angles du cube formant le piédestal. La colonne est décorée de cannelures dans les deux tiers de sa partie supérieure, le reste est laissé lisse. La Renommée se tient sur un pied, dans un mouvement vers l'avant elle tend son bras en l’air pour décerner la couronne de la victoire. Son geste est accompagné par le mouvement de Dupuy encadré par une guirlande de feuillages. Des griffons rejettent de l'eau. Une colonne se dresse au centre du bassin et reçoit en son sommet la représentation d'une Victoire. 
Située sur la place Dupuy, ancienne place Dauphine, la fontaine Dupuy est la plus monumentale de Toulouse avec ses 19,20 mètres de haut.
Construite entre 1829 et 1832 selon les plans d'Urbain Vitry, elle fut érigée pour rappeler les mérites du général Dupuy commandant une armée sous Bonaparte.
Les sculptures furent réalisées par Griffoul Dorval. Ses hautes proportions sont équilibrées par les puissants griffons hiératiques grimaçant au-dessus de la vasque.
La colonne est surmontée d'une statue, " Dame Tholose " de Nicolas Bachelier, réalisée en 1550
Jadis située en haut de la tour des archives (Donjon du Capitole), Violet-le-Duc la fit descendre. Affublée de deux couronnes de lauriers, la Dame ainsi transformée en " Renommée " fut ensuite installée au-dessus de l'imposante fontaine Dupuy. Elle fut fondue par Claude Peillot sur un moule composé par Jean Rancy. La partie monumentale fut retraitée en 1996.
En octobre 2005, la statue de Dame Tholoze a été retirée de la fontaine pour restauration. Un moulage va prendre sa place de manière définitive, puisqu'une fois restaurée, la statue rejoindra la collection du musée des Augustins.


13 - Fontaine Roland

13 - Fontaine de la Place Roland


Située sur la place Roland, donnant sur le boulevard Lazarre Carnot en face de la rue du Rempart Saint-Etienne, cette fontaine est l'oeuvre du sculpteur toulousain Jules Jacques Labatut qui s'est probablement (?) inspiré du Laocoon, la sculpture grecque antique conservée au   Vatican à Rome.
La sculpture se présente au milieu d'un bassin, sur un soubassement imitant les rochers d'où l'eau sourd : Roland rassemble ses dernières forces dans une ultime tension de son corps, le bras levé pour sonner l'olifant. L'espace vert entourant la pièce d'eau est nommé 'jardin des combattants d'Afrique du Nord (1952-1962) et d'Outre-mer', en l'honneur des vétérans de la guerre d'Algérie.

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